L’innovation organique est une démarche constructive dont la mise en œuvre permet d’améliorer de façon continue et durable la performance des entreprises en matière d’innovation.
« L’innovation n’est pas un flash de génie mais un travail difficile. Ce travail devrait être organisé comme une activité régulière de chaque unité de l’entreprise et ce à chaque niveau de management de l’entreprise », disait Peter Drucker.
Pour développer durablement l’innovation, il faut donc donner vie à l’innovation dans toutes les « cellules » de l’entreprise.
A l’image de la vie où chaque cellule contribue dans son évolution au développement de l’être tout entier, tout employé doit pouvoir apporter sa pierre à l’édifice. Cela signifie qu’il doit avoir la possibilité d’innover, partout et tout le temps.
Cela signifie aussi qu’il faut créer les conditions de l’engagement des salariés en matière d’innovation, qu’il faut repenser l’ensemble de l’entreprise et agir à tous les niveaux pour mettre en place un système adapté.
Ce système doit permettre de créer les trois conditions de l’innovation :
- savoir innover (compétences, techniques, connaissances),
- pouvoir innover (structure, organisation, management),
- vouloir innover (stratégie, vision, état d’esprit).
Voici un modèle permettant de répondre à cette exigence, qui inclut notamment des évolutions à différents niveaux :
– Le niveau stratégique : il faut considérer l’innovation comme un objectif stratégique avec des indicateurs de performance concrets et pilotés par la direction ;
– Le niveau structurel et organisationnel : cela implique de mettre en place une structure souple pour pouvoir concrétiser rapidement les innovations (par exemple, en seulement trois jours), des incubateurs et des labs permettant de développer les projets nécessitant plus de temps ;
– Le niveau culturel et managérial : il est nécessaire de développer une culture et des valeurs qui intègrent l’innovation, de repenser le rôle des managers comme des facilitateurs en matière d’innovation, de recruter des managers adaptés, de développer les compétences de créativité chez les salariés ;
– Le niveau incitatif : absence de rémunération financière directe sur les idées générées, jouer sur les motivations intrinsèques (intérêt de la tâche) versus extrinsèques (rémunération) ;
– Le niveau « appropriation du marché » : il faut connaitre le marché, grâce à des études de marché, des best practices ou des tendances pour avoir un temps d’avance, penser avec et pour les usagers, raisonner en termes de problème plutôt que de solution, faire des séminaires et sortir de l’entreprise ;
– Le niveau « état d’esprit » : il est important de favoriser une approche lean start-up adaptée à l’entreprise pour valider les idées et concepts, mettre sur le marché des produits minimum viables (MVP pour « minimal viable product ») et les faire évoluer par des expérimentations successives et des cycles courts.
Il s’agit de mener une évolution forte et structurante dans les organisations.
Une évolution qui touche l’ensemble de l’entreprise, de son organisation, de son management et de ses pratiques.
Une évolution qui peut permettre des retours financiers très concrets, de l’ordre de 4000 euros par an par salarié (selon Isaac Getz, à l’origine de la notion d’« entreprise libérée »)